• Nicole Avakyan

Convergence découvre Brain Jam: La conception acoustique synaptique de Diana Lazzaro

Par Nate Klett


Diana Lazzaro rêve d’un futur où un DJ pourra simplement mettre un bandeau sur sa tête et commencer une prestation musicale basée sur les vibrations de son cerveau. Il s’agit en fait d’une idée beaucoup plus réaliste qu’on ne le pense. Dans le cadre de sa formation en études électroacoustiques à l’université Concordia, Diana a développé des paysages sonores qui évoluent en fonction des ondes cérébrales. Elle a récemment accueilli des visiteurs à son studio dans le cadre d’une journée Portes Ouvertes. C’est à ce moment là que j’ai eu l’occasion d’entendre les sons qui émanent de mon esprit.


C’était un de ces samedis estivaux et le pavillon EV de Concordia était presque désert. En sortant de l’ascenseur, j’ai été guidé vers le studio par des échos d’éclats de rires que je percevais en sourdine au bout du couloir. Mon tour venu, je me suis retrouvé assis devant deux grands écrans d’ordinateur. Une fois bien installé, Diana m’a tendu un bandeau Muse que j’ai placé autour de ma tête. Contrairement aux techniques traditionnelles d’électroencéphalographie (EEG) qui nécessitent près d’une vingtaine d’électrodes qui recouvrent le crâne dans un fouillis de fils, le bandeau Muse n’en contient que quatre. Il peut cependant détecter de façon efficace les signaux électriques continus de notre cerveau. Le dispositif a vu le jour en 2014 à Toronto. Il a d’abord été conçu comme un dispositif pour la méditation bio-rétroactive, une pratique d’entraînement du cerveau qui vise à calmer l’esprit. Grâce à sa grande accessibilité, il a rapidement été appliqué dans plusieurs autres domaines, notamment en recherche clinique. Diana Lazarro, quant à elle, lui a donné un rôle additionnel dans sa pratique de l’art acoustique.


L'expérience Brain Jam. Photo par Nate Klett.

Pour concevoir des paysages sonores originaux intitulés « home », « desert » et « jungle », Diana a superposé des extraits sonores basés sur des sons inspirés par les premiers synthétiseurs. Ces paysages sonores ne rappellent pas immédiatement le cadre que leur nom indique. Néanmoins, ils ont été créés pour évoquer certaines émotions, pour ainsi dire, certains types d’ondes cérébrales chez le participant. Assis dans le studio, j’ai commencé mon aventure sonore avec « home ». En premier lieu, j’ai essayé de me concentrer et de me détendre. Diana m’a facilité la tâche en éteignant les lumières. Des indices visuels ont également été placés pour créer une certaine ambiance – « home » était accompagné d’une image paisible mettant en vedette une abeille à la recherche de pollen, posée sur une fleur. En même temps, sur un écran voisin se dessinaient des courbes suivant en temps-réel les signaux électriques mesurés par le bandeau autour de ma tête. Chaque courbe représentait l’intensité relative de cinq différents types de fréquences d’ondes cérébrales : gamma, bêta, alpha, thêta et delta. Les cinq lignes colorées rebondissaient de façon saccadée et continue suggérant que, malgré mes efforts de relaxation, mon esprit n’était pas du tout au repos. Heureusement, j’avais tout de même le réconfort de voir cette valse de signaux électriques me prouver que j’étais bien en vie! Techniquement, les signaux électriques sont générés par des algorithmes qui transmettent les données aux hauts parleurs. Ainsi s’opère la magie et les harmonies produites sont occasionnellement interrompues par de petits bourdonnements; faisant par le fait même ressortir une texture sonore.



Malgré les fluctuations continues du signal EEG, il était difficile de détecter quelconque changement dans les sons qu’on entendait. Cette observation témoigne de l’expertise de Diana en matière de conception sonore. Un ami a essayé à maintes reprises de me surprendre, me piquer ou me pincer afin de stimuler mon cerveau et d’y inciter une onde P300. Malgré ses efforts, l’ambiance synthétisée n’a pas été perturbée. Le projet est trop habilement conçu pour qu’une distorsion ne se manifeste.


Vous pouvez vous informer sur le travail de Diana Lazarro sur son site web.


La prochaine fois que vous irez dans un club, soyez attentifs et repérez le bandeau Muse - vous pourriez assister à une performance « cérébrale » du DJ!


English version of the article


Traduction : Nicole Avakyan

Révision: Andrée Lessard

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