• Nicole Avakyan

L’Art Neuronal sous le microscope


par Liam O’Leary


Je comprends maintenant que les arts et la neuroscience ont des objectifs étonnamment similaires. Les artistes et les neuroscientifiques réalisent des expériences audacieuses qui, après interprétation, nous permettent de mieux saisir la condition humaine. Les arts et la neuroscience utilisent également des approches similaires: ils associent des structures physiques à des états métaphysiques. En effet, l’art et la neuroscience ont cette capacité de créer une perspective visuelle d'une structure connue qui révèle une nouvelle conception de son rôle fonctionnel potentiel dans le monde. De la même façon, l’art et la neuroscience formulent des hypothèses reliant la structure à la fonction. Ces relations sont jugées de la même manière dans les deux disciplines, où la forme artistique s'apparente à la neuroanatomie et le contenu artistique à la neurophysiologie. Cette analogie pourrait expliquer pourquoi, lorsque les artistes analysent des œuvres d’art – ou lorsque les anatomistes regardent des lames de microscope – la plupart s’accorderont sur ce que l’on voit généralement, mais pas sur son importance pour l’individu. Dans cette optique, je pense que nous devrions encourager les approches interdisciplinaires entre art et neuroscience, car elles renforcent la communication des idées entre expérimentateurs et devraient accélérer notre exploration du cerveau.


J'ai récemment participé à un concours d'images neuroscientifiques à Douglas Hall pour célébrer le partenariat entre le Centre de recherche de l'Hôpital Douglas (CRHD), Olympus Life Sciences et la Plateforme de microscopie moléculaire et cellulaire (MCMP).


Événement de Olympus Discovery Centre, exposition des soumissions des finalistes. Photo : CRHD.

Cet événement a mis en lumière le potentiel de la recherche en santé mentale au CRHD. Pour la première fois, les scientifiques ont été encouragés à prioriser l'attrait visuel et la signification générale de leurs images, ce qui a mené à des résultats surprenants! Trois images gagnantes ont été choisies parmi vingt soumissions en fonction de leur impact visuel, de leur technique optique et de la description du projet. Les propositions des finalistes différaient grandement par leur échelle microscopique: certaines examinaient des parties d'un neurone, tandis que d'autres captaient des régions entières du cerveau!


Les gagnants du concours sont annoncés. Nuwan Heettige remporte le premier prix. Photo : CHRD.


« J'apprécie l'opportunité offerte par le concours d'images MCMP / Olympus de présenter nos recherches passionnantes et novatrices tout en soulignant le potentiel artistique de la recherche en neurosciences .»

— Nuwan Hettige, gagnant du concours


Durant l'événement, les organisateurs ont également voulu souligner l’excellence des travaux de recherche de la Dre Evelyn Lambe de l'Université de Toronto. Dre Lambe a présenté une étude récente sur la manière dont les récepteurs de l’acétylcholine modulent l’attention. L'événement fut l’aboutissement d'un travail de collaboration colossal entre de nombreux partenaires.


Dre Lambe avec des représentants de Olympus, MCMP and CRHD sur les marches de Douglas Hall. Photo : CRHD.


« L'objectif principal de cet événement était de sensibiliser les chercheurs à la recherche CRHD et de célébrer notre partenariat avec Olympus. Nous souhaitons qu'il serve de tremplin à de futurs événements et collaborations qui seront davantage orientés vers la sensibilisation du public général à la science. Contrairement à d’autres compétitions scientifiques, nous avons exposés les images de la même manière que lors d'une exposition artistique. Nous voulions que ce soit un hybride entre une session d’affiches scientifiques et une exposition d’art. »

- Melina Jaramillo Garcia, responsable des installations MCMP


Après avoir pris part à ce concours d’imagerie scientifique, j’ai le sentiment que l’imagerie scientifique et les collaborations art-science possèdent des approches complémentaires pour sensibiliser le public à la neuroscience. Les images scientifiques peuvent résumer visuellement la complexité du cerveau et des techniques utilisées. Bien souvent, ces images suscitent l’admiration des spectateurs puisqu’elles révèlent toute la curiosité et la déduction que les scientifiques apportent aux énigmes complexes de la nature. Cependant, les images scientifiques à elles seules sont insuffisantes pour sensibiliser le public. Premièrement, les images scientifiques manquent d'une esthétique qui révèle l'objectif personnel ou universel de la recherche. Deuxièmement, elles n’attirent que très rarement l’intérêt d’un public non spécialisé, en partie parce qu'elles contiennent souvent de nombreux éléments techniques ou trop complexes. Je crois fermement que le SciArt compense toutes ces lacunes pour mieux servir la vulgarisation scientifique. Contrairement aux images scientifiques, les projets SciArt invitent le public à imaginer des scénarios inspirés de la recherche scientifique afin de mieux comprendre non seulement ce que l’image représente, mais aussi pour ajouter une réflexion sur le sujet abordé. Le SciArt renonce souvent aux méthodes et mesures scientifiques précises afin de communiquer les objectifs d’un projet de manière beaucoup plus accessibles au grand public.


À titre d'exemple, je présente ci-dessous ma soumission au concours Olympus Discovery Event et une collaboration Art-Science connexe réalisée avec Elizabeth Parent dans le cadre des activités de l'Initiative Convergence. L'image scientifique montre très précisément comment une cellule cérébrale humaine (astrocyte) que j'étudie entre en contact physiquement les vaisseaux sanguins. L'installation Art-Science montre que l'expression des gènes et la signalisation des astrocytes sont réduites chez les personnes atteintes d'un trouble dépressif majeur (TDM). Cependant, l'oeuvre SciArt a pu transmettre un message qui dépasse les découvertes scientifiques. Elle place le public au centre du dilemme «Qu'arrive-t-il à notre cerveau lorsque nous vivons en dépression et comment la présence d'autres personnes autour de nous peut-elle changer cette expérience?». L’œuvre permet au public de relier les découvertes scientifiques à l'humanité qui les informe. Elle donne un aperçu de la direction entreprise par la recherche et montre comment les observations scientifiques peuvent être utilisées pour améliorer l'expérience humaine.



Ma soumission au concours (gauche) était un point de départ scientifique pour une collaboration dans le cadre de l’initiative Convergence avec Elizabeth Parent pour « Starlight Gone » (droite).

Malgré l'efficacité de ces deux approches (images scientifiques et SciArt), les deux sont nécessaires pour traduire de façon complémentaire "ce que la recherche scientifique signifie" pour le public. Alors que mon image scientifique ne montrait ni l'activité ni la pertinence émotionnelle de la cellule, l'installation SciArt ne pouvait pas transmettre toute la précision et l'importance de la cellule dans de son environnement. Je considère cela comme une limite universelle pour la visualisation scientifique pour atteindre le grand public, mais elle peut être surmontée en combinant imagerie scientifique et SciArt. Cela fonctionnerait dans la plupart des cas, car les images scientifiques communiquent ce qu'est la science et ce que font les scientifiques, mais les collaborations Art-Science expliquent comment la science fonctionne et pourquoi les scientifiques y dédient leurs vies. Je pense qu'il est très important que la société soutienne la communication à la fois de l'histoire de la science et du scientifique aux jeunes adultes, car cela garantira une relève motivée et dévouée en recherche scientifique. Le moyen le plus simple de procéder consiste à combiner les deux approches dans le cadre d'activités de vulgarisation scientifique communes, rendant justice à la fois à la précision de la science et à son importance pour la société.



Traduction: Nicole Avakyan et Andrée Lessard

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