Équilibre

(1953)

Jauran (Rodolphe de Repentigny)

Canadian / Canadien

48 x 38,3 cm

Oil on canvas / Huile sur toile

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EN

Science Notes 

Ghostly geometric figures dominate Fritz Brandtner’s – Sans titre (Abstraction) & Jauran (Rodolphe de Repentigny) – Équilibre. Interestingly, there are more shadowy echoes of the forms in those paintings, created by the parallel lines and contours. Human vision is known to be sensitive to illusory contours that can be seen in regions where a physical line does not exist. This type of illusion was popularized by Gaetano Kanizsa in 1976 and is often called a Kanizsa Triangle. While it is not fully understood just how this illusion is created by the brain, one approach to this problem comes from Gestalt psychology. Gestalt can be interpreted from the German as "pattern" or "configuration." It is a school of psychology that emerged as a theory of perception, emphasizing that organisms perceive entire patterns or configurations, not merely individual components. For example, in Équilibre, most people see four forms against the white background instead of six. The lower dark gray form behind the two black ones is seen as a whole, instead of three independent dark gray forms. 

 

Gestalt principles, proximity, similarity, figure/ground, continuity, closure, and connection determine how humans perceive visuals in connection with different objects and environments.

Neuroscientists have identified the parietal cortex as the area of your brain (roughly located at the upper back of your skull above your ears) involved in this type of perception. The parietal cortex integrates various kinds of sensory information, among them visual information from the dorsal stream, a neural pathway that processes information about the object's location in relation to the viewer. The dorsal stream extends from the primary visual cortex located in the back of your skull, where images are first analyzed.

 

As in many other types of integration, the brain uses memory to compare stimuli to past experiences. In Sans Titre or Équilibre, past experience will probably tell us that images of objects can be interrupted by other things near the viewer in the real tridimensional world. So, from experience, the chance that the dark gray figure in Équilibre is one form, not three perfectly arranged independent forms between the black figures is higher.

 

From the standpoint of energy efficiency, this allows the brain to integrate past experiences, saving us time identifying the most probable explanation for what we are seeing.

Art Notes 

“Painting is a direct language, an action, and not, what we suppose and not also phantasms of their subjectivity” Jauran.

“The Plasticiens do not worry about the possible meaning of their paintings. But, as they are not trying to give a literal value, they do not exclude any possible unconscious meanings and therefore the paintings become a reflection of their humanity” from the Manifeste des Plasticiens, Montréal, 1955.

Équilibre is shown, for the first time, during the Plasticiens’ exhibition in 1953. We can see polygonal forms overlapping. The painting’s palette does not have many colors and lays on a grey background. The visual activity is well balanced. There is no formal hierarchy or direction. The result is clean with a sense of harmony.

Jauran is influenced by Georges Braque’s cubism and the Paris school. Jauran studied mathematics and psychology at Université de Montréal and then philosophy at the Sorbonne. He is the author of the “Manifeste des Plasticiens” (in collaboration with Louis Belzile, Jean-Paul Jérôme and Fernand Toupin). The plasticiens differ from the automatistes with their controlled plastic research: form, color, texture and relationship between the elements are of the most importance.

Jauran is extremely polyvalent:  he is a self-made painter, a humanist, a scholar, an art critic, a theoretician and a photographer. Very attached to existentialism, he privileges authenticity values in the artist.

He focuses on the angular form which was often put aside in the cubist language and uses it as integral part of his work.

He died during a climbing expedition at age thirty-three.

FR

Notes Scientifiques

Les figures géométriques fantomatiques dominent dans Sans titre (Abstraction) et Jauran (Rodolphe de Repentigny) – Équilibre de Fritz Brandtner. Il est intéressant de noter que les formes de ces tableaux sont davantage des échos ombragés, créés par les lignes parallèles et les contours. La vision humaine est connue pour être sensible aux contours illusoires que l'on peut voir dans des régions où une ligne physique n'existe pas. Ce type d'illusion a été popularisé par Gaetano Kanizsa en 1976 et est souvent appelé triangle de Kanizsa. Bien que l'on ne comprenne pas entièrement comment cette illusion est créée par le cerveau, une approche à ce problème provient de la psychologie de la Gestalt. Gestalt peut être interprété de l'allemand comme "motif" ou "configuration". Il s'agit d'une école de psychologie qui a vu le jour en tant que théorie de la perception, soulignant que les organismes perçoivent des modèles ou des configurations entières, et pas seulement des composants individuels. Par exemple, dans Équilibre, la plupart des gens voient quatre formes sur le fond blanc au lieu de six. La forme inférieure gris foncé derrière les deux formes noires est perçue comme un tout, au lieu de trois formes indépendantes gris foncé.

 

Les principes de la Gestalt, la proximité, la similarité, la figure/le fond, la continuité, la fermeture et la connexion déterminent la façon dont les humains perçoivent les éléments visuels en relation avec différents objets et environnements.

 

Les neuroscientifiques ont identifié le cortex pariétal comme la zone de votre cerveau (située à peu près à l'arrière de votre crâne, au-dessus de vos oreilles) impliquée dans ce type de perception. Le cortex pariétal intègre différents types d'informations sensorielles, dont les informations visuelles provenant du flux dorsal, une voie neuronale qui traite les informations relatives à l'emplacement de l'objet par rapport à l'observateur. Le flux dorsal s’étend du cortex visuel primaire situé à l'arrière du crâne, où les images sont d'abord analysées.

 

Comme dans le cas de nombreux autres types d'intégration, le cerveau utilise la mémoire pour comparer les stimuli aux expériences passées. Dans Sans Titre ou Équilibre, l'expérience passée nous dira probablement que les images d'objets peuvent être interrompues par d'autres éléments proches du spectateur dans le monde tridimensionnel réel. Ainsi, d'après l'expérience, il y a plus de chances que la figure gris foncé dans Équilibre soit une forme, et non trois formes indépendantes parfaitement disposées entre les figures noires.

 

Du point de vue de l'efficacité énergétique, cela permet au cerveau d'intégrer les expériences passées, ce qui nous fait gagner du temps pour identifier l'explication la plus probable de ce que nous voyons.

Notes d'Art

« La peinture est un langage direct, une action, et non pas, ce que l’on suppose, non plus que des fantasmes de leur subjectivité » Jauran

« Les Plasticiens ne se préoccupent en rien, du moins consciemment, des significations possibles de leurs peintures. Mais comme en ne cherchant pas à lui donner une valeur littérale, ils n’excluent aucune des significations inconscientes possibles, elle devient de ce chef, le reflet de leur propre humanité » tiré du Manifeste des Plasticiens, Montréal 1955.

Équilibre est présenté, pour la première fois, dans le cadre de l’exposition des plasticiens en 1953. Il s’agit de polygones irréguliers qui se chevauchent. La palette est sobre et comporte peu de couleurs sur un fond gris. Il y a une répartition équilibrée de l’activité visuelle. Il n’y a pas de direction ou de hiérarchie formelle. Le résultat est épuré et il s’en dégage une certaine harmonie. L’artiste est influencé par le cubisme de Georges Braque et de l’école de Paris.

Jauran, après des études de mathématiques et de psychologie à l’Université de Montréal et de philosophie à la Sorbonne, est l’auteur du manifeste des plasticiens (avec la collaboration de Louis Belzile, Jean-Paul Jérôme et Fernand Toupin). Les plasticiens se démarquent de l’héritage des automatistes et renouent avec des recherches plastiques plus contrôlées et plus ordonnées Les faits plastiques sont importants : ton, texture, couleurs, forme, rapport entre les éléments.

Jauran est très polyvalent : artiste-peintre autodidacte mais aussi humaniste, érudit, critique d’art, théoricien et photographe. Très attaché à l’existentialisme, il privilégie les valeurs d’authenticité chez l’artiste créateur. Jauran s’attaque à la problématique des angles, souvent laissés vides par le sujet centré des compositions cubistes, et apprend à les intégrer comme partie d’un motif d’ensemble. Il meurt lors d’un voyage d’alpinisme à 33 ans.

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The Kanizsa Triangle // Le triangle de Kanizsa