La Tempête

(1896)

Fritz Brandtner
Canadian / Canadien

36 x 41 cm

Oil over panel / Huile sur panneau

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EN

Science Notes 

Enjoying abstract painting may not come naturally for some people, but the evolution of the brain has allowed for the highly complex detection of patterns. In the case of visual stimuli, specialized areas in the brain compare past inputs stored in the memory, trying to identify and categorize new stimuli as recognizable "images." Neuroscientists have learned that in this process of recognition, images and emotions alternatively influence and modulate each other in the brain. Images can produce emotions, and emotions can influence your perception of an image, affecting, for example, your judgement of facial expressions involving an area of the brain known as the amygdala.

 

The importance of pattern recognition is so decisive that its absence may trigger the activation of another area of the brain called the insula, known for its connection to the emotion of aversion. 

 

Pattern recognition could explain the exciting concept of pareidolia, a form of apophenia, our tendency to seek patterns in random information. Pareidolia refers to our inclination to perceive specific, often meaningful images in a random or ambiguous visual pattern. The human brain seems to have evolved to an optimal point to recognize objects and faces, explaining why we are so good at picking them out in random patterns. These interesting facts lead us to ask: How much of the abstraction is intended and how much is truly random?

 

Ambiguous images like La Tempête by Fritz Bradtner can captivate our attention because we tend to look for meaningful content in what we perceive.

 

Could this be a window behind a thin white curtain? Do you like the painting more or less when you can’t easily classify it and don’t recognize its content or meaning? If the painting was hung horizontally in landscape mode, would you see it differently?

Art Notes 

Where do your eyes naturally gravitate towards? Is it the black patches, the yellow strokes, the long winding white lines or the red splashes? All the colors of the creation seem to collide into this oil. The sole consideration of this mixture of tones renders appropriate the title The Storm. All the colors are intertwined, juxtaposed, connected. Yet every color has its own space, its specific code and validation. What did Brantdner intend to create? Notice this effect of color movement … and the storm takes on a more definite shape, and grows in importance. This daring melting pot of black, white, blue, green, yellow, and their nuances make up the perfect storm.

 

One can wonder if suppressing the red spots and red lines would have the same impact on our interpretation of this work? What does red bring to this painting? Is it light, life, or fire and disaster, even blood? Nevertheless, Brantdner’s vividly coloured work with its characteristic slashes and outlines of black is Expressionist in tone, grounded in solid design, and shows the influence of the Bauhaus School.
 

Brandtner was born in 1896 in Dantzig, Germany, now Gdansk, Poland. At a young age, he was forced to enrol in the German army in the First World War. He was captured and spent the last days of war in a French prison camp. This early experience had a profound impact on his work. In Paris, already familiar with Cubism, he worked with a post-Impressionist master and focused his apprenticeship on Max Beckmann, Amedeo Modigliani and Pablo Picasso.

 

He moved to Winnipeg in 1928. A commercial artist, muralist and set designer, he also met Winnipeg artists. Brandtner moved to Montreal. There, he was able to count on early supporters Dr. Norman Bethune and artists John Lyman and Marion Scott. Yet Brandtner’s work was influenced by poverty, fascism and war. Brandtner and Scott gave free art classes to children from Montreal’s poorest areas. Brandtner encouraged an alliance between art and life in order to foster social action. He was actively involved in developing art education for children, and in the late 1930’s he joined other artists to found the Contemporary Art Society. In Montreal. Although he favored an international art that surpasses all borders, he practiced social engagement at the local level.  

 

Brandtner linked Canadians with the European avant-garde; thus, he is credited with bringing Expressionism to a wider audience in Canada.

FR

Notes Scientifiques

L'appréciation de la peinture abstraite n'est peut-être pas naturelle pour certaines personnes, mais l'évolution du cerveau a permis la détection très complexe de motifs. Dans le cas des stimuli visuels, des zones spécialisées du cerveau comparent les données antérieures stockées dans la mémoire, en essayant d'identifier et de classer les nouveaux stimuli comme des "images" reconnaissables. Les neuroscientifiques ont appris que dans ce processus de reconnaissance, les images et les émotions s'influencent et se modulent mutuellement dans le cerveau. Les images peuvent produire des émotions, et les émotions peuvent influencer votre perception d'une image, affectant, par exemple, votre jugement des expressions faciales impliquant une zone du cerveau appelée amygdale.

 

L'importance de la reconnaissance des formes est si décisive que son absence peut déclencher l'activation d'une autre zone du cerveau, l'insula, connue pour son lien avec l'émotion d'aversion. 

 

La reconnaissance des formes pourrait expliquer le concept passionnant de paréidolie, une forme d'apophénie. La paréidolie désigne notre tendance à percevoir des images spécifiques, souvent significatives, dans un schéma visuel aléatoire ou ambigu. Le cerveau humain semble avoir évolué jusqu'à un point optimal pour reconnaître les objets et les visages, ce qui explique pourquoi nous sommes si doués pour les repérer dans des motifs aléatoires. Ces faits intéressants nous amènent à nous poser la question suivante : quelle est la part d'abstraction voulue et quelle est celle qui est vraiment aléatoire ?

 

Des images ambiguës comme La Tempête de Fritz Bradtner peuvent captiver notre attention car nous avons tendance à chercher un contenu significatif dans ce que nous percevons.

 

Serait-ce une fenêtre derrière un fin rideau blanc ? Appréciez-vous le tableau plus ou moins lorsque vous ne pouvez pas le classer facilement et que vous ne reconnaissez pas son contenu ou sa signification ? Si le tableau était accroché horizontalement en mode paysage, le verriez-vous différemment ?

Notes d'Art

Où vos yeux convergent-ils ? Est-ce que ce sont les taches de noir, les coups de pinceau jaune, les sinueuses lignes blanches ou les éclats de rouge ? Toutes les couleurs de la création semblent s’amasser dans cette toile. L’amalgame de ces tonalités justifie le titre La tempête. Ces couleurs sont interposées, juxtaposées, connectées. Toutefois chaque couleur prend sa place, avec un code précis et dans un ordre défini. Remarquez les effets de mouvement … et la tempête prend une forme plus précise et même croît. Ce mélange de noir, blanc, bleu, vert, jaune et leurs nuances créent une tempête parfaite.

 

Qu’adviendrait-il si on supprimait les éclats de rouge – cette œuvre aurait-elle le même impact ? Quel est le rôle du rouge dans cette peinture ? Est-ce la lumière, la vie, ou le feu et le malheur, voire du sang ? Quoi qu’il en soit, cette œuvre de Brandtner aux couleurs vibrantes avec ses touches caractéristiques et grands traits de noir affiche une tonalité expressionniste, enchâssée dans une solide conception et dénote l’influence de l’École du Bauhaus.

 

Brandtner est né en Allemagne en 1896. Jeune, il a été forcé de joindre l’armée allemande dans le premier conflit mondial. Il a été fait captif et a passé le reste de la guerre dans des camps de prison français. Cette expérience a eu un profond impact sur son œuvre. À Paris, connaissant déjà le cubisme, il a travaillé avec un maître du postimpressionnisme et s’est attardé au travail de Beckmann, Modigliani et Picasso.                     

 

En 1928, il a déménagé à Winnipeg où il a rencontré d’autres artistes, lui-même un artiste commercial, un muraliste et concepteur de décor. Puis Brandtner s’installe à Montréal où, très tôt, Dr. Normand Bethune et les artistes Marion Scott et John Lyman lui offrent leur soutien. Son travail est influencé par la pauvreté, le fascisme et la guerre. Brandtner et Scott ont offert gratuitement des cours aux enfants les plus défavorisés de Montréal. Brandtner a favorisé cette alliance entre l’art et le quotidien dans un objectif d’action sociale. Alors activement impliqué à développer l’éducation de l’art, il aussi a mis sur pied la Contemporary Art Society de Montréal.

Bien qu’il favorisât un art international qui dépassait les frontières, son engagement social se faisait au plan local. Brandtner a permis aux Canadiens de connaître l’avant-garde européenne. Au Canada, on le crédite pour avoir exposé l’expressionnisme à un plus vaste auditoire.