White Houses

Maisons Blanches

(1923)

Henri Le Sidaner
French / Français

54.8 x 65.9 cm

Oil on canvas / Huile sur toile

WhiteHouses_2015_251_IN1.jpg

EN

Science Notes 

On visual perception, brightness is the attribute of objects that appear to radiate or reflect light. When different colours are equally bright, we speak of isoluminance. An easy way to understand this concept is by making a grayscale photocopy of the image containing the colours you want to compare for isoluminance. If they are isoluminant, then the picture will be plain gray, and the pattern will have been lost. This is the phenomenon you can observe in White Houses, by Henri Le Sidaner.

 

For White Houses, check the grayscale image of the painting and ask yourself, "how many colour details were lost from the image?"

 

Note that there are no dark outlines in the painting to indicate the limit of the objects. Many artists have discovered that using colours that are equally bright but differ only in hue creates interesting perceptual effects. These images can look a bit blurry yet also shiny and jumpy. Brain scientists, also known as neuroscientists, know that in humans, colour vision does not process fine spatial detail or motion as well as brightness-sensitive mechanisms. This is a likely explanation for some of the interesting effects seen in colour-only patterns.

 

White Houses also plays with a change in luminance and a change in orientation of the brush strokes. This technique creates a so-called second-order boundary. Neuroscientists sometimes refer to an edge formed by a physical difference in brightness or colour as a first-order boundary. A second-order boundary can be created by a difference in the texture or pattern of oriented stripes like those that bisect the circular painting on the left. Second-order boundaries generate a difference between those differences.

 

For White Houses, ask yourself, "how many parts can I see dividing the painting?"

 

You may want to also learn about the Gestalt organization principles seen in Fritz Brandtner – Sans titre (Abstraction) (1968) or Juaran (Rodolphe de Repentigny) - Équilibre (1953).

WhiteHouses_2015_251_IN1.jpg
White Houses B&W.jpg
WhiteHouses_2015_251_IN1.jpg

Art Notes 

We are outside, it is evening. But how to paint darkness, since the painter typically uses colored substances? Perhaps by mimicking the effect of not seeing very well, thus putting your eyes at work. Do you sense them, right at the outset, feeling their way about? Trust them. Follow their rapid movements, perhaps first from the lit windows on the ground floor of the house on your right to the very small but brightly lit one on the first floor of one of the houses on your left. Can you pick out other bright speckles? And the eyes go on: can you tell the large tree’s location relative to the house on the right? It isn’t immediately obvious – it’s nighttime. But how does the painting show you this? What is its central element? Which are peripheral? How is light made to appear? You’re onto something: observe the contrasts that structure the painting while only trembling encounters of soft, muted dabs of juxtaposed colors suggest the often fuzzy outlines. And there is not only blackness here: see how the greenish grey veil that seems to evenly shroud everything contains numerous other colors. This is but one of the surprises the obscurity of this work holds in store for you - perhaps are there even other elements you hadn’t seen at first glance …

 

However, at the same time it sends your eyes outside, this painting draws you within yourself. At the outset, the subtle overall combination of the colors, dabs and contrasts conveys sensations and impressions, perhaps the feeling of a soft breeze on your skin - exactly like the soft and muted colors applied on the houses brush against their walls. Their fuzziness seems to mimic your own leisurely contemplation as you stroll along. The many unlit windows might call to mind your own room, perhaps even yourself asleep, dreaming. Thus, darkness here feels soothing, perhaps even the exact place where you are closest to yourself, anchored though drifting.  

 

Henri Le Sidaner was an affable and independent person. Trained in the Beaux-Arts painting tradition and deeply involved in the artistic world, he shied away from the artistic revolutions of his time but absorbed their influence, for example symbolism and neo-impressionism. His love of nature inspired him and his meditative mindset strongly colors his works. He was renowned for his distinctive intimist style throughout Western Europe and North America.

FR

Notes Scientifiques

En matière de perception visuelle, la luminosité est l'attribut des objets qui semblent rayonner ou réfléchir la lumière. Lorsque différentes couleurs ont la même luminosité, on parle d'isoluminance. Une façon simple de comprendre ce concept est de faire une photocopie en différents niveaux de gris de l'image contenant les couleurs que vous voulez comparer pour une isoluminance. Si elles sont isoluminantes, l'image sera grise et le motif aura été perdu. C'est le phénomène que vous pouvez observer dans Maisons Blanches, d'Henri Le Sidaner.

 

Pour Maisons Blanches, vérifiez l'image en niveaux de gris de la peinture et demandez-vous "combien de détails de couleur ont été perdus dans l'image ?".

 

Notez qu'il n'y a pas de contours sombres dans la peinture pour indiquer la limite des objets. De nombreux artistes ont découvert que l'utilisation de couleurs de même intensité mais ne différant que par leur teinte crée des effets perceptifs intéressants. Ces images peuvent paraître un peu floues, mais tout aussi brillantes et sautillantes. Les spécialistes du cerveau, également appelés neuroscientifiques, savent que chez l'Homme, la vision des couleurs ne traite pas les détails spatiaux fins ou le mouvement aussi bien que les mécanismes sensibles à la luminosité. C'est une explication probable de certains des effets intéressants observés dans les motifs uniquement colorés.

 

Maisons Blanches joue également avec un changement de luminance et un changement d'orientation des coups de pinceau. Cette technique crée une frontière dite de second ordre. Les neuroscientifiques font parfois référence à une limite formée par une différence physique de luminosité ou de couleur comme une limite de premier ordre. Une limite de second ordre peut être créée par une différence dans la texture ou le motif de bandes orientées, comme celles qui divisent en deux le tableau circulaire de gauche. Les limites de second ordre génèrent une différence entre ces différences.

 

Pour Maisons Blanches, demandez-vous "combien de parties puis-je voir en divisant le tableau ?".

 

Vous pouvez également vous renseigner sur les principes d'organisation de la Gestalt vus dans Fritz Brandtner - Sans titre (Abstraction) (1968) ou Juaran (Rodolphe de Repentigny) - Équilibre (1953).

White Houses B&W.jpg
White Houses B&W.jpg

Notes d'Art

Nous sommes dehors, c’est le soir. Mais comment peindre la noirceur alors que le peintre, justement, manipule des matières colorées ? Peut-être en simulant l’effet de ne pas bien voir, faisant ainsi travailler vos yeux. Les sentez-vous chercher leur chemin dès le premier regard ? Faites-leur confiance. Suivez leurs mouvements rapides, peut-être d’abord depuis les fenêtres éclairées du rez-de-chaussée de la maison de droite jusqu’à la toute petite fenêtre vivement éclairée à l’étage d’une des maisons à votre gauche. Repérez-vous d’autres taches lumineuses ? Et l’œil continue : pouvez-vous situer le grand arbre par rapport à la maison de droite ? Ce n’est pas tout de suite évident – c’est le soir. Mais comment la toile vous le montre-t-elle ? Quel en est l’élément central ? Lesquels sont périphériques ? Comment la lumière se fait-elle sentir ? Vous tenez une piste : observez les contrastes qui structurent la toile alors que seules des rencontres tremblotantes de couleurs adoucies, assourdies, juxtaposées et tamponnées suggèrent des contours souvent flous. Et tout n’est pas noir : voyez comment le voile vert gris qui semble tout recouvrir uniformément recèle de nombreuses autres couleurs. Ce n’est que l’une des surprises que vous réserve cette œuvre où dorment peut- être dans l’ombre d’autres éléments que vous n’auriez peut-être pas vus au premier coup d’œil …   

 

Toutefois, alors même qu’il envoie vos yeux dehors, ce tableau vous invite à entrer en vous-même. D’entrée de jeu l’ensemble subtil des couleurs, de la touche, des contrastes évoque des sensations et impressions, peut-être celle d’une légère brise sur votre peau par exemple, exactement comme les couleurs douces et assourdies semblent frôler les murs des maisons. Leur flou paraît mimer la lente contemplation habitant votre propre déambulation. Les nombreuses fenêtres sombres pourraient évoquer votre chambre, peut-être même vous-même endormi, rêvant. Ainsi, la noirceur se révèle ici apaisante, peut-être même l’endroit précis où vous vous trouvez au plus près de vous-même, ancré en même temps que flottant. 

 

Henri Le Sidaner était un homme affable et indépendant. Formé dans la tradition des Beaux-Arts et activement impliqué dans le milieu des arts, il s’est distancié des révolutions artistiques de son temps tout en intégrant leurs influences, par exemple le néo-impressionnisme et le symbolisme. Son amour de la nature l’a inspiré et son tempérament méditatif anime fortement ses œuvres. Il était renommé en Europe de l’ouest et en Amérique du nord pour l’intimisme distinctif de son style.